• RSS feed
  • Facebook
 

Nouvelles


Appel à communications

Pour faire suite au colloque sur «Le Québec et la guerre» organisé au Collège militaire royal de Saint-Jean à l’automne 2014 et centré sur les effets de l’engagement canadien dans la Première Guerre mondiale au Québec, une seconde rencontre scientifique aura lieu les 9 et 10 novembre 2018. Sous le thème «Défis et enjeux de l’après-guerre au Québec (1918-1919), cette deuxième rencontre se penchera sur la fin des hostilités et les effets de la sortie de guerre au Québec.

L’Armistice du 11 novembre 1918, puis la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919, mirent fin au Canada à quelque cinq années d’exception durant lesquelles le gouvernement fédéral avait adopté une approche ‘totalisante’ de la mobilisation de l’ensemble de la société canadienne. Comment vécut-on ce « retour à la normale » au Québec ? Qu’impliquèrent la fin des combats et la sortie de guerre pour le Québec et ses habitants ?

De fait, pour toutes les sociétés belligérantes, le retour à la ‘normalité’ d’avant-guerre représente un défi personnel, familial, collectif. La démobilisation des combattants et de la société civile, mais aussi de l’économie, sont bien sûr des enjeux majeurs. À cela s’ajoute, à l’échelle du Canada, la gestion des divisions nationales et des troubles sociaux exacerbés par la guerre. L’évolution marquée des valeurs et notamment l’évolution du statut des femmes sont une autre dimension des transformations qui se prolongent au lendemain du conflit.

L’entrée du Canada sur la scène internationale est également une grande nouveauté de la période et entraîne la redéfinition de son rapport à l’Empire et au monde : elle contribue à renforcer un patriotisme canadien dont les contours se nourriront des années de guerre. Cette nouvelle identité s’accompagne de l’émergence de mémoires parfois conflictuelles de la guerre, portées entre autres par les anciens combattants. En outre, le gouvernement fédéral n’entend pas abandonner certains des pouvoirs qu’il s’est arrogé en 1914-1919 au nom de l’effort de guerre.

Le Québec, en contrepartie, sort du conflit isolé au sein de la fédération canadienne, en raison de la polarisation ethnique causée par la crise de la Conscription et l’absence de représentation politique dans le gouvernement d’Union nationale du Premier ministre Borden, lequel perdure après le conflit. En outre, le Québec réagit à plusieurs pressions centralisatrices ou uniformisatrices. Dans l’ensemble du Canada, les élites sont inquiètes pour l’unité du pays, comme l’illustre le mouvement de la Bonne-Entente, et craignent l’agitation socialiste et révolutionnaire (le spectre bolchevique), comme lors de la grève de Winnipeg.

Partout, les bouleversements sont majeurs et le « retour à la normale » ne pourra pas signifier un simple retour à la situation antérieure à 1914 : le monde de 1919 n’est plus celui de 1914.

Les membres du comité (Carl Bouchard, Charles-Philippe Courtois, Mourad Djebabla-Brun, Béatrice Richard) sollicitent à cet égard des propositions de communication sur la fin de la guerre et la sortie de guerre au Québec, notamment (mais non exclusivement) autour des sujets suivants :

  • Le monde militaire : les unités combattantes provenant du Québec depuis les derniers combats jusqu’à leur retour au pays (prise en charge, revendications, solidarités).
  • La démobilisation, considérée dans son acception large : retour à la vie civile des hommes et des femmes ; retour des normes de paix après la guerre (culture, discours).
  • Les anciens combattants : prise en charge, revendications, rôle politique, solidarités et sociabilités, réintégration dans le marché du travail.
  • Les femmes dans la guerre et dans l’après-guerre : transformations ; revendications sociales et politiques.
  • L’économique et le social : fin du contrôle de l’économie, les défis de la reconversion économique, effets socio-politiques et autres questions sociales (comme la grippe espagnole).
  • Les effets politiques et juridiques de la crise de la conscription, avec notamment le prolongement des lois des mesures de guerre et de la mobilisation d’unités au Québec, mais aussi à plus long terme.
  • La politique canadienne : le Québec et le fédéralisme canadien ; l’évolution du nationalisme canadien et canadien-français ; les pressions centralisatrices ; la remise en cause de l’impérialisme britannique.
  • La politique internationale vue d’ici : le nouveau rôle international du Canada et le rôle joué par les personnalités politiques du Québec dans ces relations internationales ; les répercussions au Québec des événements internationaux et des idéologies stimulées par la guerre (révolution bolchevique, décolonisation, pacifisme, etc.)
  • La construction mémorielle : la pluralité des mémoires de guerre, à l’échelle des anciens combattants, locale, fédérale ; autour du 11 novembre, des monuments aux morts, des commémorations, etc.

Veuillez faire parvenir vos propositions (résumé de la communication anticipée, 300 mots maximum, et court cv) au plus tard le 22 mai, par courriel, à Charles-Philippe Courtois : Charles-Philippe.Courtois@cmrsj-rmcsj.ca